13 junho 2010

O mito De Gaulle


O general De Gaulle faz parte da galeria dos heróis contemporâneos. Contudo, o militar que diz-se ter criado a resistência contra opressor alemão, o homem que diz-se ter lutado em vão para mudar a doutrina suicida a que se agarrara o Estado-Maior francês, o líder que se impôs como a voz da insubmissão dias após a rendição e lançou o apelo de 18 de Junho parece ser um mito. Da leitura da vasta documentação hoje disponível sobressai a inveracidade, a montagem e até o plágio que começaçam a acossar a memória e dimensão de um falso herói que, proclamando-se paladino da liberdade, foi sempre um caso extremo de arrogância, incapacidade de comunicar e um adepto da solidão no exercício do poder. Deixo aos meus leitores um trecho desta verdadeira revolução que ameaça lançar por terra décadas de culto ao homem que se considerava o último grande francês.

« J’aurais suivi De Gaulle avec joie contre les Allemands, mais je ne pouvais le faire contre les Français… Il me semblait qu’un Français de l’étranger devait se faire le témoin à décharge, et non à charge de son pays… Si je n’étais pas gaulliste, c’est que leur politique de haine n’était pas pour moi la vérité »
Antoine de Saint-Exupéry

Le 18 juin 2010 sera l’occasion pour bon nombre de gaullistes de commémorer « L’Appel » (le 70ème) lancé de Londres par leur chef spirituel. L’Histoire a fait de ce discours le symbole de la résistance face à l’occupant allemand et a qualifié le général de brigade « à titre temporaire », Charles De Gaulle, de « premier résistant de France ». C’est une ineptie ! De Gaulle n’a jamais fait partie de la Résistance. La Résistance, c’est l’histoire du colonel Fabien qui a débuté le 21 juin 1941.

Comme le disait Weygand, De Gaulle était un militaire, pas un soldat et il y a à son sujet, toute une légende à détruire. Sa carrière militaire a pris des allures très particulières, marquées très tôt par la certitude de sa supériorité intellectuelle sur ses pairs. Ces derniers, en raison de sa morgue et de son extrême confiance en soi, l’avaient baptisé le « Connétable ». En fait, il les détestait tous, en particulier Alphonse Juin, major de sa promotion, dans laquelle De Gaulle avait obtenu un rang médiocre.

Sa réputation de prophète d’une armée blindée moderne relève de la légende. Le général Guderian, spécialiste des blindés allemands, consulté à propos de l’influence qu’auraient pu avoir les écrits du colonel De Gaulle sur l’emploi d’une force mécanisée, répondit : « Ces théories sont déjà anciennes, les écrits de De Gaulle ne sont guère que de la littérature sans réelles applications pratiques nouvelles. Nous n’y avons pas porté d’intérêt ! »

En 1940, au commandement de la 4ème division cuirassée, il subit un échec sanglant, prouvant d’une part son incapacité tactique et un entêtement criminel devant les conseils de ses pairs. D’ailleurs, il abandonna sa division en plein combat, apprenant qu’il était nommé général à titre temporaire et que Paul Reynaud faisait de lui un sous-secrétaire d’État à la Défense. Le képi de général et ses deux étoiles devinrent alors sa première préoccupation, la seconde étant de contrer Weygand par tous les moyens.

La fin de la campagne de 1940 en apporte la confirmation : De Gaulle n’est pas un guerrier. Il n’est pas de ces officiers qui vont à l’assaut en casoar et en gants blancs, de ceux qui crient « debout les morts ! ». C’est un rhéteur, un communicant que son entourage appellera bientôt « le général micro ». L’Armée n’est pour lui qu’un instrument qui ne reflète en aucun cas un symbole national.

Le 17 juin 1940, quand il quitte Bordeaux à destination de Londres, la guerre n’est pas finie puisque l’Armistice est du 24 juin. Alors, pourquoi donc est-il parti en Angleterre ?

Le 17 juin à Bordeaux, le Maréchal Pétain reçut les pleins pouvoirs et la charge de former un nouveau gouvernement. Or, De Gaulle eut l’amère surprise de constater que le Maréchal n’avait pas voulu de lui. Philippe Pétain connaissait trop bien l’homme et son orgueil démesuré pour lui confier un poste dans son nouveau gouvernement. Déçu, dépité, vexé, il décida dès lors de quitter la France. Caché derrière un pilier des vestibules, il attendit le passage du général anglais Spears, lui raconta avec une mine défaite qu’on voulait l’assassiner (une élucubration de plus) et lui demanda de l’emmener avec lui en Angleterre dans l’avion que Churchill avait envoyé à cette occasion. Le soir même, il était à Londres. Il adressa un télégramme au ministre de la Guerre à Bordeaux : « Suis à Londres. Ai négocié avec le ministre de la Guerre britannique, sur instruction de M. Paul Reynaud, au sujet des points suivants… » (Il s’agissait des matériels d’armement remis aux alliés par les États-Unis et du sort des prisonniers allemands actuellement en France).

La réponse arriva de Bordeaux sous la forme d’un câble adressé par le général Colson, secrétaire d’État à la Guerre, à l’attaché militaire français à Londres, le général Lelong : « Informez le général De Gaulle, qu’il est remis à la disposition du général commandant en chef. Il doit rentrer sans délai. »

Hésitation de De Gaulle : obéir ou pas ? Dans un premier temps, il décida d’obéir et demanda un avion au général Lelong. Celui-ci désigna le capitaine de l’armée de l’air Brantôme, pour l’accompagner avec l’unique avion que les Anglais avaient laissé aux Français. Cet officier déclarera : « Tout semblait devoir se dérouler sans encombre, lorsque j’apprends que les Anglais, sans avertir personne, avaient fait vidanger le matin même l’essence des réservoirs et déplacer l’avion dans un hangar aux portes cadenassées et gardées par des sentinelles en armes. »

Devant l’impossibilité désormais de rejoindre Bordeaux, De Gaulle s’adressera aux Français, le 18 juin, sur les ondes de la BBC, en ces termes :

«… Moi, général De Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et soldats français qui se trouvent en territoire britannique, ou qui viendraient à s’y trouver, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialisés des industries d’armement, qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi. Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. Demain comme aujourd’hui, je parlerai à la radio de Londres. »

Ces paroles ne furent sur le moment guère écoutées, malgré le grand nombre de ceux qui, par la suite, prétendirent les avoir entendues. De plus, ce texte reste étranger à ce que légende présente comme « L’Appel du 18-Juin », incluant la formule mythique : « La France a perdu une bataille, elle n’a pas perdu la guerre ». À l’origine de cette confusion historique falsificatrice, une affiche de propagande placardée sur les murs de Londres qu’en août 1940. Ce faisant, De Gaulle ne faisait que plagier, une proclamation du ministre anglais de l’information, Duff Cooper, lors de la capitulation de l’Armée belge.

Ainsi De Gaulle devint pour bon nombre de Français le « symbole de la résistance »… alors qu’il passa toute la durée de la guerre dans la quiétude familiale, mangeant à sa faim, loin des affres de la pénurie et de l’insécurité. Mais qu’importe : La légende gaullienne était en marche…

Que serait-il advenu de l’auteur de « L’Appel du 18-Juin » si le Maréchal Pétain, respecté par les Allemands pour avoir été le seul général à les avoir battus, à Verdun, plutôt que de confirmer Weygand dans le rôle de Général en Chef, avec mission de réorganiser l’Armée d’Afrique, avait choisi De Gaulle ? Celui-ci n’aurait certainement jamais rejoint Londres.

Roosevelt détestait De Gaulle. Il le considérait comme un dictateur en puissance, « un arriviste » à ses yeux. Il disait de lui : « De Gaulle se prend de temps en temps pour Clemenceau, de temps en temps pour Jeanne d’Arc ». En revanche, il estimait le général Henri Giraud qui, arrivé à Alger fin 1942, n’avait qu’une priorité, recomposer une armée française et continuer la guerre avec « Un seul but la Victoire ». D’où l’animosité sans borne que De Gaulle vouait à ce dernier.

Churchill n’estimait pas davantage De Gaulle et dira du personnage : « De toutes les croix que j’ai portées, la plus lourde a été la croix de Lorraine ». Un jour, il lui fit à De Gaulle cette remarque qui le glaça : « Votre pire ennemi, c’est vous-même. Vous avez semé le désordre partout où vous êtes passé ! » Et le désintérêt - voire l’antipathie - qu’ils vouaient à De Gaulle firent que Churchill et Roosevelt le tinrent à l’écart de leurs projets concernant le débarquement du 8 novembre 1942 en Afrique du Nord. De Gaulle furieux s’écriera alors : « J’espère que les gens de Vichy vont les refoutre à la mer ! ».

Tenu à l’écart, il le sera aussi lors du débarquement en Normandie, le 6 juin 1944, date à laquelle l’Armée d’Afrique défilait dans Rome qu’elle venait de libérer sous les ordres des généraux Juin et Monsabert.

Cette disgrâce, loin d’inciter De Gaulle à quelque sentiment d’humilité, aiguisera au contraire un orgueil paranoïaque. Désormais, sa seule devise sera : « Moi, De Gaulle ! ». Ambition et paranoïa, qui conduiront le pays à la catastrophe et à une destruction durable de l’unité nationale française.

Outre l’instauration en France d’un climat permanent de guerre civile larvée, au palmarès des catastrophes et destructions gaulliennes : l’Empire et l’Armée qu’il a toujours méprisée. On lui reprochera - entre autres - sa complicité dans la destruction de la flotte française par l’aviation anglaise, le 3 juillet 1940 à Mers El-Kébir et du massacre de près de 1600 marins ; de l’attaque de Dakar, le 25 septembre 1940, par cette même armada anglaise ; la guerre franco-française de Syrie dont il fut le principal instigateur. En ces circonstances, en janvier 1941, le colonel Monclar, commandant la 13ème DBLE et futur commandant du fameux bataillon de Corée, éprouvant quelques scrupules à l’idée de devoir tirer sur d’autres soldats français, s’adressa à De Gaulle en ces termes : « Mon général, en face il y a la Légion… La Légion ne tire pas sur la Légion… d’ailleurs vous nous avez affirmé que nous ne nous battrions jamais contre des Français… » Et le « chef de la France libre » de répliquer : « Monclar ! Les Français, c’est moi ! La France, c’est moi ! ». On lui reprochera aussi l’épuration de l’Armée d’Afrique à qui il ne pardonna pas « d’avoir gagné sans lui », son opposition à la libération de la Corse par Giraud, sa mise à l’écart des généraux de Lattre et Juin, généraux victorieux qui pouvaient lui faire de l’ombre. Son égocentrisme sera exacerbé quand le général américain Clarck rendra au général Alphonse Juin, après que l’armée d’Afrique se couvrit de gloire en Italie, un vibrant hommage en ces termes : « Sans vous et vos magnifiques régiments, nous ne serions pas là ! ». De Gaulle saura s’en souvenir…

Après le putsch de mai 1958, il n’eut de cesse de se débarrasser de l’armée victorieuse en Algérie en épurant ses chefs les plus prestigieux au bénéfice d’hommes « à lui » qui, s’ils n’étaient guère brillants sur le plan professionnel, avaient au moins l’avantage « d’être sûrs » : Gambiez, Ailleret, Katz, Debrosse… Le Maréchal Juin, patron de l'Armée d'Afrique qui libéra la France avec Eisenhower, Roosevelt, Churchill eut à donner son jugement sur l'OAS : « C'est un mouvement généreux ! ». De Gaulle le mit aussitôt aux arrêts de rigueur et lui retira toutes ses fonctions. Il assouvissait là une revanche longuement mûrie…

Et pourtant, il avait été appelé, lui, De Gaulle, le sauveur, devant conserver l’Algérie française ! Mais d’incompétence en veulerie, de fautes en palinodies, d’abandon en trahison, de largesse en munificence, de discours en référendums, la France en était arrivé aux concessions suprêmes, à l’abdication, à la fin sans le moindre égard pour ces milliers de morts et de disparus qui jalonnaient l’histoire de ce pays.

En octobre 1962, par un référendum instaurant l’élection du Président de la République au suffrage universel, la France gaullienne entrait dans la nuit de la démocratie absolue. Tunnel dont elle n’est toujours pas ressortie…

Aventurier paranoïaque, De Gaulle restera, malgré mythes et falsifications, un épiphénomène dans l’histoire de France. Il est mort à Colombey, les pieds dans ses charentaises, sirotant une tisane, seul devant un jeu de cartes et une réussite avortée. Sans doute étranglé par la rancœur et la haine envers ceux qui avaient percé sa vraie nature.

7 comentários:

Paul disse...

Merci Miguel pour cette contribution à une démythification d’un des personnages les plus néfastes dans l’histoire de la France. C’est bien vrai que cet individu a fortement renforcé parmi les Français cet état de guerre civile larvée né avec la Révolution française de 1789. De Gaulle ce faux héros ne s’est affirmé, en toutes circonstances, qu’en divisant et opposant les Français.

Cet article ne peut que mettre un peu de baume au cœur des parents et descendants de ces plus de 120000 Français victimes d’exécutions sommaires lors de la Libération, réconforter tout ce million de Français d’Algérie, Européens, Arabes, Kabyles, Juifs sépharades, victimes tant dans leur chair que dans leurs biens de la haine paranoïaque et revancharde de ce général de brigade à titre temporaire.

Paul disse...

Falsifications et orthotypographie : le choix d’écrire « De Gaulle » et non pas « de Gaulle » est celui de tous ceux qui affirment leur clairvoyance contre le mythe imposé.

De Gaulle, né à Lille, porte un nom patronymique étranger à la France, d’origine flamande. Sans doute une altération de « Der Wall ». Ce nom n’est donc pas précédé d’une particule de noblesse. Il inclut un article, comme de nombreux patronymes roturiers flamands, belges et également bretons. Dans ce cas, l’article s’écrit systématiquement avec une majuscule. On doit donc bien écrire « De Gaulle » et non « de Gaulle ».

En modifiant l’orthotypographie de son nom, De Gaulle nous gratifie d’une falsification. Une de plus. À sa décharge, soulignons qu'il n’a pas osé supprimer l’un des deux « L» de son nom. Que l’Histoire écrive « de Gaule », n’en a-t-il pas rêvé, lui qui dans sa folie paranoïaque croyait incarner la France… la Gaule ! Il n’en reste pas moins que cette seule falsification résume toute la nature du personnage. Minuscule ! Un roturier honteux !

arquivista disse...

Caro Miguel, De Gaulle era pelo menos um memorialista excepcional, cujo estilo não desmerece face aos grandes clássicos da prosa francesa. Saber escrever é uma prova definitiva de subtileza intelectual, e não consta que os seus adversários fizessem obra do mesmo nível.
Aliás, não deixa de ser curioso acusar o General de rancor e ódio quando o que fica escrito para trás ressumbra esse mesmo rancor e ódio.

Maria disse...

Esclarecedor depoimento. Excelente. Já havia lido alguns artigos sobre o tema "De Gaulle" (um mito muito bem fabricado) mas nunca tão pormenorizados. Afinal não passou de um herói com pés de barro. Mas não foi só ele que se auto-intitulou "herói da França" sem o merecer, há outros "heróis" d'outras nacionalidades que com ele colaboraram, que vão sendo desmascarados com o passar do tempo. Por cá também há uma mão cheia de degenerados que se consideram heróis porque, dizem eles, são os "pais da democracia" (não têm coragem de, parafraseando De Gaulle, proclamarem "Portugal somos nós!", mas gostariam, oh se gostariam) que um dia serão igualmente desmascarados. Aliás já o vão sendo a pouco e pouco.
Parabéns pela transcrição.
Maria

Justiniano disse...

Caríssimo Nuno Castelo Branco,
Mas a glória, inevitabilidade histórica de De Gaulle, surgiu mais tarde, muito mais tarde. Quase perto da partida. Em que se fez ciente, a França, da sua própria construção, por aquele. E por virtude do saber, saber investir, saber criar e saber o que criar. Inteirinha, um sistema nacional, como List o desenharia, e que funcionou e funciona. Que ainda hoje os alimenta, e prosperam!!
Um bem haja,

Abel Cohen disse...

De onde é retirado este texto?

Paul disse...

Débâcle
Magistrale déculottée mexicaine des Français. Ce n’était pas Camerone… Dans la débandade, chacun pour soi ! Justice immanente. Qui ne se souvient de cette qualification usurpée face aux Irlandais. « La Main du Diable ! », aurait dit Diego Maradona le bienheureux. Télescopage de l’Histoire… Voilà que dans la tourmente, radios et télévisions de France urbi et orbi à l’unisson entonnent en boucle l’appel truqué dit du 18-Juin. Confusion totale ! Alors par tous les foyers de France, par tous ses bistrots, jusque dans ses bastions de banlieue les plus inaccessibles déferle une immense bouffée de rigolade… Tout un peuple se lève et trinque à l’avènement salvateur d’un grand amuseur, aux talents jusqu’alors trop ignorés. Les lycéens s’en vont passer leur baccalauréat imitant gaiement l’amphigouri de leur nouvelle idole. Gnole, gros rouge, pastis coulent à flots pour le plus grand bonheur des taverniers… Du nord au sud, d’est en ouest, de partout l’appel désespéré se fait écho. Djamel Debbouze éclipsé… Grandguignolesque, ubuesque, grotesque, ridicule, minuscule… Pschitt… Demain le jour de gloire aura passé…